Elle est née pratiquement sans membres, atteinte de dysmélie.
Entourée de l'affection de sa famille, et dotée d'une volonté certaine, elle développe des techniques dans sa jeunesse pour surmonter son handicap et gagner en autonomie, ce qui lui permet de se lancer dans la peinture et également d'aider d'autres dysméliques en leur montrant ces techniques, en aidant à développer des outils, en rassurant les parents, en montant ou aidant des associations, en écrivant des livres...
Rien n'est plus étonnant dans un corps diminué que l'explosion d'une volonté impétueuse. Une force qui va s'exprimer dans des apprentissages techniques invraisemblables. Ecrire, dessiner en ne guidant le porte-plume ou le pinceau qu'avec les lèvres. S'affranchir, sans jambes ni bras, des distances, des obstacles, parcourir la France et même le monde, non point en guise de défi, mais pour témoigner et vivre en plein accord avec soi-même et les autres.
Denise Legrix écrit : "A quatre ans, je n'avais plus guère besoin des autres pour manger (sauf couper la viande) ni pour boire. Libérer mon entourage, me libérer de lui, je ne rêvais que de cela." Denise Legrix l'avait compris et l'accomplissait malgré le boulet de son handicap, malgré la pesanteur voire la résistance des siens





